Movember 2026 démarre le dimanche 1er novembre et se termine le lundi 30. Autrement dit : votre vraie journée de lancement, c'est le lundi 2 novembre, et votre moment de bascule interne, c'est le vendredi 30 octobre.
Retenez ces trois dates, tout le reste se construit autour.
Lancer un challenge Movember en entreprise n'a rien de compliqué. Ce qui coince, c'est le calendrier : la plupart des équipes RH s'y mettent mi-octobre, quand il ne reste plus assez de temps pour embarquer autre chose que les volontaires habituels. Voici le rétroplanning, le budget, les rôles et le cadre juridique pour lancer proprement.
Vous aurez besoin de deux minutes d'argumentaire face à votre direction. Les voici.
Le mouvement naît en 2003 à Melbourne : deux amis, Travis Garone et Luke Slattery, convainquent 30 gars de laisser pousser la moustache pendant 30 jours. Vingt ans plus tard, la fondation revendique plus de 6 millions de participants et plus de 1 320 projets financés en santé masculine, sur trois causes : cancer de la prostate, cancer des testicules, santé mentale et prévention du suicide.
Côté enjeu, les chiffres français parlent d'eux-mêmes. Le cancer de la prostate est le plus fréquent chez l'homme avec 59 885 nouveaux cas estimés en 2023 selon l'Institut national du cancer, soit 24 % des cancers masculins, et il ne fait l'objet d'aucun dépistage organisé national. Sur le volet santé mentale, Santé publique France relève que 75,1 % des 8 848 décès par suicide enregistrés en 2023 concernaient des hommes.
L'argument à porter en comité de direction n'est pas médical, il est collectif : Movember donne un prétexte de conversation entre des équipes qui ne se parlent pas, sur un sujet dont personne ne parle jamais au bureau.
Choisissez votre objectif prioritaire : mobiliser, sensibiliser ou collecter. Les trois sont compatibles, dans cet ordre.
Faites valider le budget et le principe de l'abondement des dons par l'entreprise.
Identifiez le sponsor interne. Idéalement pas la DRH seule : un membre du comité de direction qui participera lui aussi.
Quatre rôles, pas un de plus :
Le pilote : arbitre, suit les indicateurs, tient le calendrier.
L'animateur : produit les contenus, relance, fait vivre le fil interne. C'est le poste le plus chronophage, comptez une demi-journée par semaine sur novembre.
Les relais terrain : un référent par site ou par service. C'est eux qui font la différence entre 20 % et 60 % de participation.
Le référent santé : médecine du travail, infirmier, préventeur ou référent QVT. Il valide tout ce qui touche à la prévention santé.
Créez l'équipe entreprise sur la plateforme officielle de la fondation.
Écrivez les quatre messages hebdomadaires. Un par semaine, pas plus.
Préparez le kit visuel : signature mail, fond d'écran visio, affiche pour les sites sans bureau.
Vérifiez l'accessibilité : comment participe un salarié sans adresse mail professionnelle ? Si vous n'avez pas de réponse, vous venez d'exclure vos équipes terrain.
Annonce officielle, portée par le sponsor et par les relais, pas par une note de service.
Ouverture des inscriptions et constitution des équipes. Mélangez volontairement les services et les sites.
Publiez le calendrier complet des temps forts. Les gens s'inscrivent à un programme, pas à une intention.
Relance ciblée sur les services les moins inscrits.
Vendredi 30 octobre : opération « rasage de départ ». Photo collective, en présentiel et en visio. C'est votre image de lancement, elle servira tout le mois.
Le mois est parti. À partir de là, votre travail consiste à tenir le rythme, pas à réinventer.
L'organisation d'événements internes déraille quand le budget n'est pas posé au départ. Trois postes suffisent :
L'abondement des dons. C'est le poste le plus efficace en euros investis. Annoncez-le dès le premier jour, il déclenche la collecte.
Les temps forts. Petits-déjeuners, collation d'une marche collective, lots symboliques. Restez modeste : la sobriété passe mieux qu'un budget visible sur une cause santé.
Le kit de communication. Affiches, goodies éventuels, éléments visuels. Le poste le plus facile à réduire.
Un dispositif crédible tient sans budget démesuré. Ce qui coûte vraiment, c'est le temps de l'animateur.
C'est le point que les équipes RH découvrent souvent trop tard.
Si votre entreprise verse elle-même un don à un organisme d'intérêt général, le régime du mécénat prévu à l'article 238 bis du Code général des impôts ouvre droit à une réduction d'impôt de 60 % du montant versé pour la fraction inférieure ou égale à 2 millions d'euros, dans la limite de 20 000 € ou de 5 ‰ du chiffre d'affaires hors taxes lorsque ce montant est plus élevé. L'excédent est reportable sur les cinq exercices suivants. Au-delà de 10 000 € de dons sur un exercice, une déclaration complémentaire est requise.
Trois précautions :
Vérifiez l'éligibilité de l'organisme bénéficiaire au reçu fiscal français avant d'annoncer quoi que ce soit. Toutes les structures internationales n'ouvrent pas droit au dispositif en France. Rapprochez-vous de votre direction financière.
Ne confondez pas mécénat et parrainage. Dès qu'il y a une contrepartie publicitaire significative, le régime change.
Les dons des salariés restent volontaires et privés. Ne publiez jamais qui a donné combien, et prévoyez des façons de contribuer sans argent : participer, organiser, relayer.
Un message par semaine, sourcé, court, sobre.
Semaine 1 : le cancer de la prostate. Le message utile : il n'existe pas de dépistage organisé, la démarche se fait avec son médecin.
Semaine 2 : le cancer des testicules. Rare, mais il touche des hommes jeunes, souvent entre 20 et 40 ans. Le message utile : consulter sans attendre.
Semaine 3 : la santé mentale. C'est la semaine où l'élan retombe et c'est aussi le sujet le plus important. Ton sobre, ressources affichées, à commencer par le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24h/24.
Semaine 4 : le bilan collectif et la fierté. Chiffres, photos, remerciements nominatifs.
Une règle sur tous ces contenus : vous relayez des messages de prévention santé issus de sources officielles, vous ne diagnostiquez rien et vous ne poussez personne à faire un examen. Citez systématiquement vos sources, elles portent la crédibilité à votre place.
Sur la forme, faites parler des salariés plutôt que la marque employeur. Un témoignage d'un collègue vaut dix affiches.
La collecte de fonds est le point où beaucoup de dispositifs deviennent inconfortables. Quelques règles simples :
Passez par la page officielle de la fondation pour créer une équipe entreprise. La traçabilité des dons est faite pour vous.
Ne fixez jamais d'objectif individuel. Un objectif collectif, un seul compteur visible de tous.
Prévoyez des façons de contribuer sans sortir d'argent : participer, relayer, organiser. Tout le monde n'a pas la même situation financière et cela ne doit jamais se voir.
Si l'entreprise abonde les dons des salariés, annoncez-le dès le premier jour. C'est le meilleur accélérateur de collecte, et c'est un signal fort sur votre engagement.
Objectif prioritaire arbitré et validé en comité de direction
Sponsor interne identifié, et il participe lui aussi
Quatre rôles pourvus, dont un animateur avec du temps réellement dégagé
Éligibilité fiscale de l'organisme vérifiée avec la direction financière
Abondement de l'entreprise décidé et chiffré
Parcours de participation testé pour un salarié sans adresse mail professionnelle
Quatre messages hebdomadaires écrits et validés par le référent santé
Calendrier des temps forts publié avant l'ouverture des inscriptions
Ressources de soutien affichées, dont le 3114
Indicateurs définis et bilan du 1er décembre déjà calé dans les agendas
Source :
Movember Foundation ; Institut national du cancer ; Santé publique France , Drees , Ministère de la Santé
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