Un challenge sportif est souvent la première opération collective qu'une entreprise répartie sur plusieurs sites tente à grande échelle. C'est logique : les règles se comprennent en dix secondes, personne n'a besoin de se déplacer, et le format ne demande pas d'organiser quoi que ce soit en présentiel.
C'est aussi celui qui échoue le plus discrètement. Le siège joue, les agences décrochent en deuxième semaine, et le bilan affiche une participation moyenne honorable qui masque l'essentiel. Voici les six points qui séparent une opération qui réunit réellement vos sites d'une opération qui les met simplement en concurrence.
C'est la décision la plus structurante de tout le dispositif, et elle se prend avant le lancement. Une équipe qui rassemble un salarié de Lille, un de Bordeaux et deux du siège crée des échanges quotidiens entre des personnes qui ne se seraient jamais écrit. Une équipe par agence, à l'inverse, recopie l'organigramme et ne produit rien de neuf.
Si vous tenez à une compétition entre sites, gardez-la en classement secondaire. Le classement principal doit reposer sur des équipes mixtes, sinon chaque site joue contre les autres au lieu de jouer avec eux, et vous renforcez exactement la frontière que vous cherchiez à effacer.
Le sport est le prétexte, jamais le sujet. Un barème qui ne compte que les kilomètres offre le podium aux mêmes personnes chaque année, et une partie de vos équipes comprend en trois jours qu'elle ne pèsera jamais sur le résultat. Ces salariés-là ne reviennent pas, et ce sont souvent ceux que vous vouliez toucher.
La règle est simple : la marche, les quiz, les photos, les encouragements doivent rapporter des points au même titre que la course. Le test à faire avant de valider le règlement : est-ce qu'une personne qui marche vingt minutes par jour peut faire gagner son équipe ? Si la réponse est non, réécrivez le barème.
Un challenge lancé par un mail du siège reste une initiative du siège. Le même challenge relayé par quelqu'un que les gens croisent tous les jours devient une affaire d'équipe.
Ce relais n'est pas forcément un manager, et c'est même souvent mieux quand ce n'est pas le cas. Cherchez la personne qui organise déjà les choses, celle qui connaît tout le monde. Identifiez-la deux ou trois semaines avant, expliquez-lui le dispositif, et laissez-la donner le ton les trois premiers jours. C'est le point qui fait le plus de différence pour le coût le plus faible.
Quatre semaines de comptage linéaire s'essoufflent en une dizaine de jours. Le classement se fige, les écarts deviennent irrattrapables, et ceux qui sont derrière arrêtent d'ouvrir l'application.
Découpez la période en temps forts : une manche par semaine, un défi bonus, un objectif commun à débloquer tous ensemble. L'important est qu'à chaque relance, une équipe en retard puisse encore croire à quelque chose. La quatrième semaine est celle où une habitude tient ou s'effondre, c'est donc elle qu'il faut protéger le plus.
Une inscription qui passe par l'annuaire interne ou par une adresse professionnelle écarte vos équipes terrain avant même le premier jour. Selon Emergence Capital, 2,7 milliards de personnes dans le monde travaillent sans bureau ni poste informatique, soit environ 80 % de la main d'œuvre, et à peine 1 % de l'investissement logiciel d'entreprise leur a historiquement été destiné.
Dans une entreprise multi-sites, ces profils sont souvent majoritaires. Le dispositif doit donc vivre sur le téléphone personnel, sans VPN, sans formation, et en moins de deux minutes d'inscription. Tout le reste est secondaire tant que ce point n'est pas réglé.
Une participation globale de 60 % a l'air correcte. Elle peut très bien cacher 94 % au siège et 18 % en agence, c'est-à-dire l'exact inverse de ce que vous cherchiez.
Suivez donc deux chiffres pendant toute l'opération : la participation par site, et l'écart entre le premier et le dernier. Ce sont aussi les deux seuls chiffres qui se défendent devant une direction, parce qu'ils ne parlent pas d'ambiance mais de couverture réelle.
La clôture décide de ce qu'il restera dans six mois. Une fin sans cérémonie transforme quatre semaines d'énergie collective en souvenir flou.
Annoncez les résultats par équipe et pas seulement le podium, publiez les chiffres site par site, et remerciez nommément les relais locaux. Puis posez tout de suite la date de la prochaine édition. C'est ce qui fait passer l'opération du statut d'événement à celui de rendez-vous.
SquadEasy est une application de cohésion d'équipe créée en 2014, utilisée par plus de 400 entreprises dans plus de 90 pays, dont de nombreux réseaux d'agences et d'entreprises à forte population terrain.
Les six points ci-dessus sont intégrés au fonctionnement : les équipes se composent librement et traversent donc les sites, chaque type d'action rapporte des points, le challenge est rythmé en temps forts, et l'inscription se fait depuis le téléphone personnel. Nos challenges affichent 85 % de taux d'engagement, le plus élevé du marché, et 92 % des salariés sont encore engagés un mois plus tard.
Prenez le règlement du dernier challenge que vous avez organisé et vérifiez deux lignes : comment les équipes ont été constituées, et ce qui rapportait des points. Dans la majorité des cas, ces deux lignes expliquent à elles seules la courbe de participation.
La correction ne coûte rien et se fait avant le lancement suivant.
Source :
Emergence Capital, The State of Technology for the Deskless Workforce
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