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Lutte contre la sédentarité au travail : comment structurer un programme de mobilité active en 2026

La plupart des entreprises savent aujourd'hui que leurs équipes bougent trop peu. Le problème, ce n'est pas le diagnostic, c'est la réponse. Trop souvent, la lutte contre la sédentarité au travail se résume à quelques actions ponctuelles : une affiche "prenez l'escalier", un cours de yoga à la pause déjeuner, un défi sans lendemain. Des intentions louables, mais sans effet durable. Réduire vraiment la sédentarité demande autre chose : un programme structuré, collectif et pensé dans la durée.

Le point de départ donne le vertige. Selon un avis de l'ANSES publié en 2022, 95 % de la population adulte française est exposée à un risque de détérioration de sa santé par manque d'activité physique ou par un temps trop long passé assis, et seuls 5 % des adultes bougent assez pour être protégés. Chez les actifs, l'ONAPS estime le temps assis à près de 12 heures les jours travaillés. Face à des chiffres pareils, les gadgets ne suffisent pas. Ce guide vous propose une méthode en quatre étapes pour bâtir une véritable démarche de mobilité active.

Pourquoi la lutte contre la sédentarité au travail ne s'improvise pas  

Avant de parler méthode, un constat s'impose : les approches isolées échouent presque toujours. Pourquoi ? Parce qu'elles font peser tout l'effort sur l'individu. "Bougez plus" est un conseil, pas un déclic. La preuve : malgré des années de campagnes de sensibilisation, seuls 5 % des adultes atteignent le niveau d'activité physique protecteur. La sédentarité n'est pas un défaut de volonté individuelle, c'est un phénomène d'environnement et de culture.

C'est d'ailleurs ce que souligne l'ANSES elle-même : la lutte contre la sédentarité passe par des actions collectives et de long terme, pas seulement par des initiatives personnelles. Un programme efficace ne cherche donc pas à culpabiliser chacun, il transforme le contexte de travail pour que bouger redevienne naturel, et surtout collectif. Si vous voulez mesurer à quel point cette immobilité pèse sur l'énergie et l'engagement de vos équipes, nous l'avons détaillé dans notre article sur la sédentarité au travail et l'engagement. Voyons maintenant comment agir.

Étape 1 : mesurer et impliquer avant d'agir    

Un bon programme de prévention de la sédentarité commence par un état des lieux honnête. Combien de temps vos équipes passent-elles assises ? Quels sont les postes les plus exposés ? Le sujet a d'ailleurs toute sa place dans le document unique d'évaluation des risques professionnels, au même titre que les autres contraintes physiques.

Mais mesurer ne suffit pas. La clé, c'est d'impliquer les équipes dès le départ. Un programme conçu en vase clos par les RH, aussi bien intentionné soit-il, tombera à plat. Sondez, écoutez, laissez remonter les idées du terrain. Les salariés qui participent à la conception d'une démarche en deviennent naturellement les premiers relais. C'est le premier acte, discret mais décisif, de la lutte contre la sédentarité au travail : partir du collectif, pas d'une note de service.

 

Étape 2 : agir sur l'environnement de travail       

Une fois le diagnostic posé, le levier le plus immédiat concerne la mobilité au bureau. L'idée n'est pas de transformer chacun en athlète, mais de multiplier les occasions naturelles de se lever et de se déplacer. Ce que les experts appellent la rupture de la sédentarité compte souvent autant que l'activité physique elle-même.

Concrètement, cela passe par des gestes simples et cumulables : encourager les réunions marchées, rendre les escaliers plus visibles et plus attractifs que l'ascenseur, proposer des assises variées, éloigner volontairement les imprimantes ou les points d'eau, instaurer des micro-pauses actives dans la journée. Le télétravail mérite une attention particulière, car il supprime jusqu'aux quelques pas du trajet ou de la machine à café. Aménager l'environnement, c'est faire en sorte que le mouvement devienne le chemin le plus facile, pas l'exception méritoire.

Étape 3 : miser sur le collectif pour créer le déclic    

C'est le cœur du réacteur, et ce que la plupart des programmes de santé en entreprise négligent. L'environnement facilite le mouvement, mais ce qui met vraiment les gens en marche, c'est le groupe. On enfile ses baskets parce qu'un collègue nous a lancé un défi, parce que l'équipe compte ses pas ensemble, parce qu'il y a une dynamique commune à ne pas lâcher. Le moteur n'est pas la culpabilité, c'est l'entraînement collectif.

Les données le confirment. L'étude conduite par Goodwill-management pour le MEDEF et le CNOSF montre qu'un salarié sédentaire qui se remet à une activité physique régulière gagne de 6 à 9 % de productivité, et surtout que l'activité partagée renforce nettement les relations entre collègues et la cohésion d'équipe. C'est là que le bien-être au travail cesse d'être un slogan pour devenir une expérience commune.

Chez SquadEasy, c'est exactement ce que nous observons. Quand une entreprise lance un challenge collectif accessible à tous les niveaux, du siège à l'atelier, ce ne sont pas seulement des pas qui s'accumulent, ce sont des équipes qui se remettent en mouvement, ensemble. Nos challenges affichent 80 % de taux d'engagement, le plus élevé du marché, et 85 % des salariés sont encore actifs un mois plus tard. Chez Société Générale, 25 000 salariés se sont mobilisés en 24 heures. Le défi collectif fait ce qu'aucune injonction individuelle ne réussit : il donne envie.

Étape 4 : ancrer la démarche dans la durée   

Un temps fort crée une étincelle, une habitude entretient la flamme. La dernière étape, la plus souvent oubliée, consiste à inscrire la lutte contre la sédentarité au travail dans le quotidien plutôt que dans l'événementiel. Un challenge une fois par an ne change rien en profondeur.

Pour durer, appuyez-vous sur la communication interne pour toucher 100 % des salariés, y compris ceux qui ne lisent jamais l'intranet. Enchaînez les rendez-vous tout au long de l'année, célébrez les progrès collectifs plutôt que les performances individuelles, et suivez quelques indicateurs simples pour piloter la démarche. Un programme de mobilité active vit s'il devient un rituel d'équipe, une part de la culture, et non une case cochée dans un plan QVT. C'est cette régularité qui transforme un coup d'éclat en changement réel.

 

Conclusion : et si bouger devenait une culture d'équipe ?  

Récapitulons la méthode. La lutte contre la sédentarité au travail ne se gagne ni par des affiches, ni par des injonctions individuelles, mais par un programme structuré : mesurer et impliquer, aménager l'environnement, activer le collectif, puis ancrer la démarche dans la durée. À chaque étape, le même fil rouge : ce qui remet durablement les équipes en mouvement, c'est le groupe, pas la contrainte. Et les bénéfices dépassent largement la santé, puisqu'ils touchent aussi l'énergie, la cohésion et l'engagement.

La vraie question n'est donc pas "comment faire bouger nos salariés ?", mais "comment faire du mouvement une affaire d'équipe, toute l'année ?". Et si votre prochain programme de mobilité active était surtout une belle occasion de ressouder vos équipes ?

 

 

Source : 

 

ANSES, avis "Manque d'activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique" (2022);  ONAPS (Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité) ;  Goodwill-management pour le MEDEF et le CNOSF (étude 2015, actualisée en 2023) 

 

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